Bienvenue sur le site de la Société de philosophie de Bordeaux : conférences et débats philosophiques à Bordeaux depuis plus de soixante ans.
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Les textes qui suivent sont tirés de l'historique de la société établi par André Bord en 2002 publié avec la concours de l'Université Michel de Montaigne-Bordeaux 3.
En 1927, dans les derniers mois
de l’année, l’abbé Lacaze
prit
l’initiative, avec l’assentiment de MM.
André Darbon et Henri Daudin, professeurs de philosophie
à la Faculté des Lettres de Bordeaux,
d’organiser des réunions où se
rencontreraient ceux et celles qu’intéressaient
les questions philosophiques. M. Gaston Richard, professeur de
philosophie à la Faculté approuva. Emile Duprat,
professeur de philosophie en Première Supérieure
au Lycée Montaigne, vint régulièrement
aux séances. L’assistance comprenait en outre
quelques étudiants de philosophie, préparant la
licence ou l’agrégation Mlle Darbon (devenue Mme
Lagarce), nièce de M. Darbon; Mlle Gauclère ;
Mlle Anne-Marie Borda ; Mlle Duprat (devenue Mme Papy), Pierre Picon,
Maurice Dupuy. La Société s’ouvrit
également à d’autres
personnalités le professeur Mauriac, futur Doyen de la
Faculté de Médecine, M. de Follin,
ingénieur des Ponts et Chaussées, M. et Mme
Régis de Vibray, Mme de Boisroger, M. Blanc, M. Jean
Boissarie, etc...
Les réunions avaient lieu le soir tous les quinze jours chez
l’abbé Lacaze, dans un grand salon où
regnait un piano à queue. Elles étaient
consacrées soit à l’étude
d’ouvrages récemment parus, soit à un
thème présenté par l’un des
participants.
C’est ainsi que l’ouvrage paru en 1924 de Jean
Baruzi Saint Jean de la Croix et le problème de
l‘expérience mystique fut longuement
l’objet d’exposés et de
réflexions critiques. La Société
s’attacha ensuite à des oeuvres bien
différentes : par exemple à La trahison
des clercs, de Julien Benda (1927). L’ouvrage de
Charles Blondel, Introduction à la psychologie
collective (1928) retint aussi l’attention. Parmi
les questions traitées indépendamment
d’ouvrages déterminés, on peut retenir
une étude sur la croyance, des exposés sur le
sentiment esthétique; illustrés parfois des
interventions au piano de l’abbé Lacaze. Une
communication faite par M. Darbon en décembre 1929 "Le Monde
souffre d’un manque de foi en une
vérité transcendante" (Renouvier) a
été publiée en appendice de
l’ouvrage de M. Darbon : Une philosophie de
l’expérience, PUF, 1946, p. 245. Ces
exemples donnent une idée du travail de la
Société en ces années initiales.
L’effectif des présents se montait à
une vingtaine de personnes. L’abbé Lacaze
dirigeait avec souplesse les discussions, les agrémentant de
saillies qui fusaient souvent malgré lui.
La société accueillit des hôtes
d’exception: M. Emile Bréhier, professeur
à la Sorbonne, M. Eugenio d’Ors, membre de
l’Académie espagnole, M. Arthur Fontaine,
Directeur au Ministère du Travail. Vers 1930, les
réunions furent tenues dans les bureaux de M. Jean
Boissarie, l’une d’entre elles eut lieu chez M.
Darbon. Puis M. le Doyen Cirot mit une salle de la Faculté
des lettres à la disposition de la
Société.
Après une longue
interruption
correspondant aux années de guerre et
d’occupation, la Société de Philosophie
de Bordeaux a repris son activité, au cours de
l’hiver 1944-45, sur l’initiative de M.
l’abbé Lacaze et de M. le Professeur
Léon.
En novembre 1945, il fut décidé de donner une
existence officielle à la Société et
d’organiser cinq réunions de ses membres au cours
de l’année scolaire 1945-1946. La
Société de Philosophie de Bordeaux fut
déclarée à la Préfecture le
9 novembre 1946 ; déclaration publiée au J.O. le
26 novembre 1956. Le 15 décembre 1945, à 16h.30,
une séance inaugurale groupait une cinquantaine
d’assistants dans
l’amphithéâtre Alline de la
Faculté des Lettres de Bordeaux pour entendre un
exposé de M. le professeur Joseph Moreau.
Une nouvelle déclaration à la
Préfecture fut faite le 26 janvier 1984 et
publiée au J.O. le 12 février 1984.
La période où René Lacroze fut
Président de la Société de Philosophie
donna lieu à Ia parution de 53 numéros du
Bulletin de La Société.
La préoccupation du Président Lacroze
était d’assurer à la
Société la plus large audience dans la
cité et d’y attirer les personnalités
cultivées tout en rendant ces manifestations utiles aux
philosophes de profession. Eurent l’occasion de
s’exprimer, le Docteur Caussimon, Robert Weill
spécialiste de biologie générale
à l Faculté des Sciences, Pierre Grimal,
professeur de latin-grec, le R.P. Sclafert, le Doyen Yves Renouard, Le
Chanoine Lacaze, M. Pisot, professeur à La
Faculté des Sciences, G. Hahn, Directeur de
l’Université d’été
d’Ustaritz. Les séances attiraient
jusqu’à des personnalités du grand
commerce girondin, tel M. Cruse.
Un autre souci du Président fut de faire participer des
personnalités de l’étranger : le
Professeur Caplow, de Minnesota, le Professeur Wiener, du City College
de New York, M. Delfgaaum, Privat-Docent d’Amsterdam; M.
Jacomo Baldini, Lecteur d’italien à Bordeaux, M.
Arnaldez, spécialiste de questions musulmanes ; Michen
Sciacca, ami de J. Moreau, vint à plusieurs reprises. Le
Président fit appeL à des notabilités
d’autres universités : le Doyen Davy, de La
Sorbonne, H. Gouhier, Ferdinand Alquié, Morot-Sir, Stoetzel,
Georges Bastide, Doyen de La Faculté de Toulouse et son
collègue : Blanché ; Gaston Berger,
d’Aix-Marseille, M. Pucelle de Poitiers.
Un des temps forts fut, en 1950, l’organisation à
Bordeaux du Vème Congrès des
Sociétés de Philosophie de Langue
française. Les conférences ont
été réunies dans Le no 25
(août 1950) du Bulletin de La Société.
Manque la remarquable conference donnée par H. Gouhier sur
Maine de Biran, prononcée à Bergerac dans la
propriété du Philosophe bergeracois, à
Grateloup.
Au cours des années
1957-1962, sous La présidence
du Professeur Joseph Moreau, la S.P.B. a eu Le privilège
d’accueillir deux maîtres de renom international,
Mgr. Jean Zaragueta, Directeur de l’Institut Luis
Vivés, de Madrid, et le professeur Felice Battaglia, de
l’Université de Bologne, qui nous ont entretenus
de leurs thèmes de prédilection respectifs,
l’un des catégories du réel,
l’autre de la valeur dans I’histoire .
D’autre part, La Société a fait appel
à deux spécialistes de la philosophie sociale et
politique, M. François Bourricaud, notre ancien
collègue de La Faculté des Lettres, et M. Jacques
Ellul, dont La notoriété illustre notre
Faculté de Droit. Elle s’est assurée
aussi le concours d’autres spécialistes de
diverses disciplines, de la philosophie du langage (M. Paul
Burguière, de La Faculté des lettres), des
études germaniques (M. Marache) et des études
anciennes (M. Alain Michel, aujourd’hui professeur
à la Sorbonne) ; tous les trois ont traité de
sujets relatifs à l’esthétique
à laquelle se rapportait également la
communication d’un jeune philosophe de notre
Faculté, Jean-Marie Pontévia.
L’histoire de la philosophie a été
représentée par la communication de M. ALain Guy
(Toulouse) sur Le médecin espagnol de la renaissance, Jean
Huerte, de M. Marcel Méry (Aix) sur Schopenhauer, de J.P.
Abribat (Bordeaux) sur Fichte. A cette série, il faut
rattacher La contribution de M. Jean Mesnard, Le maître
incontesté des études pascaliennes.
Dans le domaine spécifiquement philosophique, nous avons
entendu M. Gérard Grand, sur l'Esthétique
transcendantale, et le président J. Moreau sur
l’intentionnalité dans la philosophie classique ;
dans celui de la psychologie et de l’anthropologie, M. Daniel
Cormier (Bordeaux) et le professeur Michel Navratil (Montpellier) ; sur
les rapports de la pensée religieuse avec la philosophie,
nous avons recueilli les propos du R.P. Cartier sur Maurice Blondel, et
de Madame Jacques sur Karl Barth.
Un exposé plus technique, concernant la philosophie des
sciences, a été présenté
par M. Boudot (Bordeaux), et une vue brillante de philosophie et
d’actualité par M. Pierre Mesnard, Directeur de
l’Institut d’études
supérieures de La Renaissance à Tours, sous le
titre : Sagesse 1960.
La Société de Philosophie de Bordeaux a
réussi, durant cette periode, à demeurer un
centre actif de réflexion, ouvert à des apports
extérieurs, recueillant des informations variées,
puisant à des sources d’inspiration diverses, au
profit d’une méditation
s’exerçant sur des bases élargies,
nourrie d’expériences plus riches, tout en
évitant la dispersion intellectuelle, la pente de la
facilité, les séductions des
curiosités empiriques.
Elu en 1963, j’ai
assumé la charge et les
difficultés, mais aussi reçu les honneurs et les
joies de la Présidence de la Société
de Philosophie de Bordeaux pendant sept ans.
Professeur de Philosophie en Premiere Supérieure,
j’ai pu remplir cette fonction, grâce à
l’aide précieuse de M. Joseph Moreau et
d’un groupe de collaborateurs constituant le Bureau: Mlle
Damiens, MM. Boudot, Houot, Fraisse, Pessel et des étudiants.
Pendant ce septennat, j’ai eu la tristesse de
représenter notre Société aux
obsèques de son fondateur, le Chanoine Lacaze et de M. Jean
Samazeuilh.
Au nombre des succès, je mentionnerai la venue de membres
éminents de l’Institut, de Professeurs des
Universités de France et de l’Etranger ainsi que
de l’Université de Bordeaux. J’ai voulu
aussi donner La parole à des conférenciers moins
connus, à de jeunes professeurs. J’ai voulu faire
entendre des savants biologistes, psychologues, sociologues, etc...
J’ai voulu, dans la mesure du possible, que toutes les
opinions religieuses, métaphysiques ou autres (mais non les
politiques comme telles) puissent s’exprimer. Un
théologien protestant et un théologien catholique
sont venus. J’ai invite un athée notoire, mais
j’ai essuyé un refus. Jusqu’en 1968, ce
fut une tâche relativement agréable et facile.
Puis est venue La “révolution
culturelle’ des années 67-69, dont le premier
résultat fat la mise en veilleuse des activités
culturelles. Une seule séance en 68-69. Que devenait la
philosophie lorsqu’elle était réduite
à Marcuse ? La tourmente s’apaisant il a fallu
faire démarrer à nouveau nos
activités. Un tract fut diffusé la
Société de Philosophic de Bordeaux
n’entend pas rester un cercle fermé pour les
professeurs de philosophie... Elle est un terrain de rencontre avec
tous les esprits ouverts de La cité. Etudiants en
Philosophie, à vous aussi de lui apporter votre dynamisme...
En quittant Bordeaux en 1970, j’ai eu la grande satisfaction
de voir revivre notre Société, avec Le
Président Maurice Dupuy, Mesdames Damiens et Brykmann, MM.
Fraisse, Gélibert, Houot et de Rinsquesen.