Bienvenue sur le site de la Société de philosophie de Bordeaux : conférences et débats philosophiques à Bordeaux depuis plus de soixante ans.

Téléchargez le programme de l'année 2009-2010

Présentation de la société de philosophie de Bordeaux

Cette année encore, la Société de philosophie de Bordeaux vous propose des conférences qui touchent non seulement la philosophie, classique et contemporaine, mais aussi le droit ou l’anthropologie. Nous espérons poursuivre nos travaux dans cet esprit d’ouverture de la philosophie à son dehors ou à ses marges, en accueillant le plus large public.

Mardi 20 octobre, Salle de Conférence de l’Hôtel Continental, 18h, Pascal Taranto, « De la sujétion des femmes. Lecture de John Stuart Mill ».

John Stuart Mill est l’un des premiers penseurs de la tradition occidentale à avoir démystifié les arguments traditionnellement invoqués en faveur de l’inégalité des sexes. Les progrès de la civilisation et l’amélioration des sentiments moraux n’ont pas suscité, selon lui, la fin de la tyrannie masculine. La « nature » des femmes est toujours invoquée, à mauvais escient, afin de pérenniser leur domination. Il s’agira donc d’explorer les raisons d’une défense de l’égalité des sexes et de la liberté des femmes qui entend se déprendre de l’inertie de la coutume et de la perversion des institutions. Pascal Taranto est Maître de Conférences à l’université de Nantes.

Pascal Taranto est Maître de Conférences à l’université de Nantes.

Mardi 10 novembre 2009, Salons Mollat, 18h, Thomas Benatouïl, « Peut-on encore être stoïcien ? A propos de la philosophie comme pratique ».

Pourquoi s’intéresser aujourd’hui à Epictète et Marc Aurèle ? Après avoir présenté la spécificité des deux représentants les plus connus du stoïcisme par rapport aux autres philosophes de l’Antiquité, la conférence examinera dans quelle mesure leur conception pratique de la philosophie est toujours pertinente. Le retour actuel de la « philosophie comme manière de vivre » est-il fidèle au stoïcisme impérial et philosophiquement intéressant ? T. Benatouïl donnera plusieurs raisons d’en douter et suggèrera une autre manière de faire usage du stoïcisme.

Thomas Bénatouïl est maître de conférences à l’Université Nancy 2 et membre de l’Institut Universitaire de France

Mardi 8 décembre 2009, 18h, Salle de Conférence de l’Hôtel Continental, Martin Rueff, « Le pas et l’abîme ou la causalité du roman gris »

Les affinités de L’Emile (1762) et de Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761) ont été cherchées dans les contenus doctrinaux du traité et du roman. Il fallait que « l’adorable prêcheuse » et le « philosophe » aient dit la même chose. On fera une autre hypothèse : le lien qui relie les deux ouvrages doit être cherché dans la construction du récit. On abordera une série de questions utiles pour la philosophie et la théorie du récit. Comment penser le temps du récit ? Comme la continuité des enchaînements selon un ordre déductif qui interdirait les revers – c’est le modèle de l’anthropologie du point de vue narratif déployé dans l’Emile ou dans le monde idéal du premier des Dialogues ? Ou plutôt comme la discontinuité des événements selon l’ordre des péripéties et des surprises ? Les récits de l’histoire naturelle et de l’histoire de la liberté des hommes permettent-ils de dégager une même structure causale ? On envisagera la causalité du roman gris.

Martin Rueff est maître de conférence à Paris VII et enseigne à l’Université de Bologne.

Mardi Etienne Bimbenet, Mercredi 3 février 18h, 91 rue Porte Dijeaux : "Ce que parler veut dire. Une approche phénoménologique de l'apprentissage verbal".

Une définition strictement cognitive de l'apprentissage verbal, telle qu'on la trouve aujourd'hui à l'honneur chez les psychologues, nous renseigne mal sur les motivations psychologiques profondes qui poussent un enfant à prononcer ses premiers mots. Une approche phénoménologique consiste au contraire à revenir précisément sur cette entrée dans le langage, telle que l'enfant la vit en première personne, pour en percer le mystère. Or une telle approche pourrait bien nous réserver quelques surprises, du côté d'une définition largement désintellectualisée du langage en général.

Etienne Bimbenet, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, est maître de conférences en philosophie à l'Université Jean Moulin Lyon III.

14 avril 2010 à 18h, Salons Mollat, Christian Laval, Néolibéralisme et éducation

Avec l’avènement de la rationalité néolibérale, toute activité est en droit passible d’une normalisation concurrentielle, source supposée de la plus grande performance possible.La logique de l’illimitation capitaliste et du travail abstrait déborde de manière originale dans toutes les sphères de l’existence et affecte jusqu’au fonctionnement subjectif lui-même. « Faire du plus et du plus (Plusmacherei) », selon la formule de Marx, s’impose jusque dans le champ de la connaissance. La mutation des systèmes de recherche et d’enseignement en entreprises de « l’économie de la connaissance » en est l’un des aspects les plus remarquables. Le problème se pose de savoir dans quelle mesure et jusqu’où la conception et la pratique de la connaissance peuvent en être affectées. C’est là une question théorique dont on ne peut sous-estimer l’enjeu politique.

Christian Laval est chercheur en histoire de la philosophie et de la sociologie à l’université Paris X Nanterre, spécialiste de Bentham

Mardi 7 avril 2009, 18h, CAPC : Elie During, « A quoi pense l'art contemporain? »

Que l’art, cosa mentale, ait quelque chose à voir avec la pensée et même la philosophie, qu’il dispose des éléments sensibles en vue de faire « penser plus », comme disait Kant, nous le savons depuis longtemps. S’il y a à cet égard une spécificité du régime « contemporain » de l’art, c’est dans la manière dont il réarticule les termes du problème en faisant de la pensée son objet. C’est à tort qu’on s’imagine que la théorie est convoquée par les artistes contemporains comme un discours de surplomb censé apporter un supplément d’âme à des productions sans consistance : même chez les mauvais artistes, c’est d’une tout autre relation qu’il s’agit — une relation latérale mais effective, beaucoup plus intéressante que celle que prescrit le commentaire ou l’illustration. La théorie y est d’emblée envisagée comme partie prenante de la machine artistique et de sa puissance d’invention formelle. Il y aurait ainsi une plastique du concept, qui ne relèverait ni de l’exemplification ni de l’allégorie, ni du schème ni du symbole. Les concepts s’exposent : il faut l’entendre littéralement. La pensée a une forme, mais la forme elle-même doit se comprendre dans toute son extension, de façon à y inclure formats et dispositifs, gestes et procédés. Deux exemples historiques, Marcel Duchamp et l’art conceptuel, permettront de préciser la portée de ces remarques, avant d’en examiner les prolongements sur quelques cas plus récents.. 

Elie During est Maître de conférences à Paris X – Nanterre et chargé de séminaire à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris.